Le conditionnement

Le conditionnement

Si le conditionnement est parfois mal vu et qu’il nous définit parfois comme des robots, il peut être aussi perçu de manière positive. Il permet d’expliquer beaucoup de comportements et a même été à l’origine d’une approche en psychologie. Le conditionnement c’est tous cela:

  • Pavlov
  • Skinner
  • Watson
  • Le comportementalisme
  • Le behaviorisme
  • L’ancrage en pnl
  • La programmation dans la programmation neurolinguistique

Pour faire simple, le conditionnement est une association entre un stimulus de l’environnement (c’est donc un élément sensoriel) et un comportement (une action ou une réaction).

A la base, le comportementalisme ne s’intéressait que à ce qui était observable de l’extérieur de manière à rendre la psychologie objective puisqu’il peut y avoir plusieurs observateurs. Cette branche s’intéresse donc aux stimulus de l’environnement ainsi qu’aux comportements observables chez l’être en question (humains, animaux, rats de Skinner, chien de Pavlov, etc…).

La cognition a par la suite repris les idées en y ajoutant la boite noire, en gros ce qui n’est pas observable chez l’être humain (la cognition= les pensées).

Il existe deux types de conditionnements. Bien qu’ils soient séparables, je pense qu’il vaut mieux les prendre dans un ensemble car cela permet de mieux comprendre le comportement humain et certaines réactions quotidiennes. Il y en a deux:

  • Conditionnement classique
  • Conditionnement opérant

Le conditionnement classique

Celui ci s’appuie sur l’expérience de Pavlov et le fameux chien de Pavlov. Il correspond à une association entre un stimulus et une réponse comportementale, il s’appuie donc sur une réaction.

Le principe est simple, on a d’abord un ensemble de comportements qui vont naturellement ensembles . Ici il s’agit d’un plat de nourriture et la provocation de salive chez le chien. En gros à la vue du plat, le chien salive en situation normale. Le but est de provoquer cette même réaction mais à partir d’un stimulus qui ne la provoque pas dans une situation normale. Dans cette expérience, on veut faire saliver le chien juste avec le son d’une cloche sans la présence du plat, on veut associer la présence du plat au son de cloche. Cela dans le but que lorsque le chien entend le son d’une cloche il s’attende à avoir le plat du coup il salive même si il n’y a pas le plat.

Bien sûr avant le conditionnement le stimulus cible qu’est le son de cloche ne provoque pas de réaction particulière.

Dans la vie courante, ce type de conditionnement est observable à peu près partout. Le plus simple pour le comprendre est lorsque l’on écoute une musique qui nous fait ressentir à chaque fois la même chose. Ce conditionnement est intéressant lorsqu’il permet de provoquer des états cibles bien particuliers tel que la motivation, le bien être, la confiance et j’en passe…

Pour le créer il suffit de choisir un morceau de musique que vous utiliserez toujours pour un même état, une même activité, un même endroit ou encore avec une même personne. Vous pouvez faire le test d’utiliser toujours une musique pour le sport par exemple. Ce qui est pratique c’est que vu que vous écoutez la musique X les jours où vous êtes motivé à faire du sport lorsque vous l’écoutez les jours où vous n’êtes pas motivé la simple écoute du morceau X peut vous redonner la pêche.

Le conditionnement opérant

Celui ci fonctionne dans le sens inverse de l’autre. On crée une action dans le but de recevoir un stimulus externe. J’ai un chien à la maison et ce conditionnement est nettement observable. Après le repas on a l’habitude de lui donner une gourmandise et celles ci sont placées à un certain endroit de la maison, du coup quand vient le moment de la recevoir notre chienne attend patiemment à l’endroit en question en nous regardant sans avoir rien fait à l’avance. Ici on a donc une action (attendre devant les gourmandises) et un stimulus recherché (les gourmandises). Dans la vie quotidienne aussi ces comportements sont observables, on travaille pour recevoir de l’argent. On observe notre partenaire pour créer une réaction ou encore on court pour ressentir les bienfaits de l’endorphine. Pour ce dernier, je pense que les accros se reconnaitront.

Un ensemble de conditionnements

En cours de psychologie on étudie les deux types de conditionnements avec plus de détails historiques. Malheureusement on ne parle pas de la possibilité d’avoir un ensemble de conditionnements, avoir un conditionnement classique suivit d’un opérant ou l’inverse. Pourtant cet ensemble permet de comprendre bien des choses. Imaginez les deux conditionnements dans un système de croyances, cela permet de mieux comprendre comment elles fonctionnent. Admettons que Jean croit aux miracles, il va créer une action dans le but de pouvoir valider sa croyance. En gros il crée l’action de rechercher les éléments de l’environnement qui valident son hypothèse.

Là c’est du conditionnement opérant, bien sûr je grossis le truc pour mieux comprendre. Il observe les stimulus qui permettent de valider sa croyance et les stimulus en questions (des expériences de miracles) vont provoquer chez lui une réaction, une réponse. « Oui en effet les miracles existent ». Et rebelote, sa croyance est validée et Jean a eu une première preuve que les miracles sont réels alors il les recherchent  activement de nouveau. Là on a bien une boucle, un cercle qui fonctionne avec les deux types de conditionnements.

J’ai pris l’exemple des croyances mais je peux en prendre d’autres. Le C de TCC signifie comportementale et ce n’est pas pour rien. Les thérapies cognitives et comportementales s’intéressent à un ensemble d’éléments qui font perdurer un problème psychologique, pour plus de détails à ce propos rendez vous ici.

Les thérapies cognitives et comportementales

On a vu que dans les TCC on cherchait à repérer plusieurs éléments du problème psychologique. On veut connaitre un élément déclencheur, des croyances, des conséquences émotionnelles et comportementales. Dans l’Art du changement je crois que l’on parle de « solution tentée » pour résoudre le problème, en réalité cette solution tentée équivaut aux conséquences comportementales en TCC. Une solution tentée qui fait penser que l’on va résoudre le problème psychologique alors qu’en réalité il ne fait que le réduire sur un court terme. Le problème psychologique et la solution tentée forme l’ensemble du vrai problème. Cette solution tentée est le centre d’une boucle de conditionnement classique et opérant qui finalement maintient le problème entier.

Et évidemment il est contre intuitif de penser que ce n’est que lorsque l’on stop la solution tentée que le problème disparait. Dans la branche du behaviorisme, on dira que cette solution tentée est un renforçateur tout comme le comportement d’évitement d’une situation anxiogène.

Pour mieux comprendre, l’élément déclencheur est le son de cloche du conditionnement classique qui va entrainer une réaction, la solution tentée. Le véritable problème n’est donc plus l’élément déclencheur mais la solution tentée et c’est elle qui doit être stoppée. Et à la suite, cette solution tentée joue le rôle d’action qui va entrainer de nouveau l’apparition de l’élément déclencheur. Là la personne a l’impression qu’elle ne s’en sortira jamais. A retenir, pour briser ce chainon, vous stoppez la solution tentée et pour la trouver je vous renvois au livre des thérapies cognitives et comportementales, le lien est plus haut.

Comprendre la programmation neurolinguistique

Dans ce terme là nous avons programmation et nous pouvons l’expliquer par le conditionnement. Les deux termes parlent plus ou moins de la même chose, la programmation permet de planifier à l’avance un ensemble d’instructions et de tâches à réaliser. Le conditionnement permet de créer des associations. De manière intuitive, l’idée est de créer un raccourcis pour arriver à un résultat. En psychologie il s’agira d’un certain état interne ou d’un certain comportement. Le tout est de faire en sorte que ces derniers soient automatisés et réflexes pour gagner du temps. Le cerveau adore la rapidité et la simplicité alors pourquoi s’en priver. L’idée est d’avoir des automatismes et des réflexes ce qui sous tend aussi l’idée de réactions inconscientes.

Neurologie

Le terme neurologique s’intéresse aux stratégies cognitives ainsi qu’aux pensées (images, dialogues internes, sensations émotions, …). On cherche donc à créer un conditionnement pour avoir des résultats de cette nature. Rappelez vous ce que vous faisiez le 11 septembre 2001. Cette date est tellement marquée que l’on est conditionnée à recréer le même ensemble de réactions à chaque fois que l’on mentionne cette date. Là vous devez déjà avoir des souvenirs en images, en sensations ou autres.

Linguistique

Et linguistique car on va créer un conditionnement à l’aide du langage. Je pense que cet outil est le plus puissant créé par l’Homme. Que ce passe t il lorsque j’utilise les mots océan, mer, plage, ciel bleu, soleil, vent, mouette… ? Je ramène à la surface des éléments sensoriels que vous avez associés à ces mots.

Vous l’aurez compris les mots sont des conditionnements. Les sons associés aux mêmes mots que je viens de citer ne veulent à la base rien dire. C’est parce que l’on a associé des éléments sensoriels entre eux que l’on crée le langage. Les mots français ne veulent rien dire pour des étrangers car ils n’ont pas créé le conditionnement nécessaire pour les comprendre.

Apprendre une nouvelle langage comme apprendre n’importe quoi d’autre c’est créer un conditionnement. C’est créer un conditionnement entre le son du mot et des réactions cognitives (images, sensations, sons, etc…).

Aller plus vite

Personne n’a besoin de se rappeler que au moment où je vois le vide, où je vois une grosse mi-galle ou que sais je encore, je dois penser « ah oui c’est vrai c’est ma phobie faut que j’ai peur et je dois accélérer mon rythme cardiaque. Le conditionnement est un apprentissage réflexe et automatique et donc inconscient. Pourquoi? Parce que le cerveau aime aller vite et par le plus court chemin, ça le rend moins énergivore.

Imaginez que vous appreniez une suite de comportements qui vous soit vraiment utile dans votre vie.  Et que celle ci fonctionne aussi rapidement qu’une phobie?! Oui ça vaut de l’or!

L’ennui des conditionnement est qu’ils ont besoin d’une attention très soutenue et d’une grande concentration pour être créé mais qu’une fois fait c’est efficace. Mais parfois les phobies nécessitent une seule fois puissante pour créer un apprentissage.

Regardez les enfants apprendre à faire du vélo. Ils doivent apprendre à pédaler et en même temps regarder devant eux et garder l’équilibre et se diriger. Un ensemble de conditionnements s’apprend par répétition et persévérance et fragmentée.

L’ancre

Le conditionnement permet de comprendre un outil particulier de la programmation neurolinguistique qui est l’ancre. Le principe de l’ancre est que l’on puisse recréer un état interne en l’associant à un geste ou à une pensée. De sorte que cela en fait un puissant outil de développement personnel. Je l’ai vécu une fois avec un professionnel et c’est… impressionnant la vitesse à laquelle le cerveau apprend! Pour faire simple, l’ancre sert à maintenir la personne dans un certain état à l’aide d’un stimulus sensoriel. Comme je l’ai dit plus haut, vous pouvez créer des ancrages pour des états de motivation, de positivité, de bien être, etc…

Le renforcement

Ce truc est la chose ultime à comprendre dans le conditionnement. Si un automatisme ou une habitude persiste c’est parce qu’il y a un renforcement. Admettons que Jules est mal à l’aise en public. A chaque fois qu’il vit une situation anxiogène juste après il s’enferme dans les toilettes public pour se calmer. Jules va mieux 5min après avoir respirer tranquillement dans un endroit où il peut être en paix puis décide de retourner dans le lieu public. Au bout de 2 ou 3h il se sent de nouveau mal, Jules retourne aux toilettes.

Et ce manège peut durer peut être une semaine voir des mois sans régler le problème. Question: Jules stress parce qu’il va ensuite se calmer dans un endroit clos, ou c’est parce qu’il stress qu’il va dans un endroit clos? En gros vous inversez la cause et l’effet. Et là on peut se demander ce qui maintient vraiment le problème. Vous vous sentez mal parce que vous êtes stressé? Ou vous êtes stressé parce que vous vous sentez mal? Difficile de faire la part des choses et donc de régler le problème. Celui ci est un système d’éléments qui s’influencent entre eux.

Pour le cas de Jules, sa « solution tentée » est le fait de s’enfermer aux toilettes. C’est une conséquence comportementale de son élément déclencheur « se sentir mal en public ». C’est ce comportement qui maintient le problème et Jules ne le sait pas parce que cela permet de réduire le problème pendant un court temps mais pas à long terme. Et vu que cela apporte quelque chose d’agréable, une certaine sécurité il continu et n’importe qui continuerait dans cette situation.

Créer un nouveau conditionnement

Jules vient d’apprendre ces connaissances auprès d’un professionnel de la santé et il est surprit. On lui propose de stopper ce comportement et de voir ce qu’il se passe. Bien sûr à la première approche cela effraie Jules car il ne pense pas que cela l’aidera mais décide tout de même d’essayer. Évidemment les premiers jours il est encore plus mal à l’aise.  Au fur et à mesure et avec un travail effectué sur ces pensées à l’aide d’une grille et des pensées de remplacements le changement commence à se faire sentir et même plus vite que prévue.

Jules se sent de mieux en mieux après avoir passé une période de malaise. Pourquoi cette période? Parce qu’il faut laisser le temps au changement d’arriver et tant qu’il ne se sentira pas mieux au moins une fois le problème reviendra. Se sentir mieux une fois deviendra à son tour une conséquence émotionnelle et en même temps un renforçateur du nouveau conditionnement.

Bien sûr le cas de Jules est fictif et s’appuie sur une part de vérité. La réalité est qu’il est nécessaire de travailler aussi sur le conditionnement fait au niveau cognition. Un problème émotionnel crée des erreurs de pensées qu’il vous faudra corriger.

Pour finir

Je rappelle que si vous avez un soucis personnel, n’attendez pas de consulter un professionnel. L’égo humain peut être parfois très fort et nous faire penser que l’on se débrouillera tous seul. Il est parfois bon de se faire accompagner. Si comme Jules vous avez un soucis avec une structure similaire tournez vous vers les thérapies cognitives et comportementales. Rien que le livre pour les nuls à ce sujet peut grandement vous aider.

L’astuce est d’augmenter l’exposition aux situations anxiogènes progressivement et en corriger les erreurs de pensées. Augmenter le nombre de situation augmente mathématiquement la probabilité qu’un moment bien se réalise.

Si vous avez déjà vécu une situation semblable et que vous vous en êtes sorti, je vous invite à le partager. Seulement si vous en avez envie.

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