Hypnose de rue, retour d’expériences

Je suis sorti pratiquer l’hypnose de rue avec une connaissance, un membre du groupe d’hypnotiseurs de rue de Grenoble. On est sorti du samedi au jeudi soir. On a pratiqué entre 14h et 18h30 donc approximativement 2-3h par jours durant 5 jours. C’était une excellente expérience et cela m’a permis de revoir les approches du technicien 1 de l’Arche. Il s’est passé énormément de choses intéressantes durant ces 5 jours et je tenais à rédiger un article pour vous faire part de mon point de vue.

hypnose de rue

L’hypnose de rue

On se mettait sur une place avec du passage des jours avec beau temps puis on tenait une pancarte et on attendait que les gens viennent. Donc différent de la façon dont j’ai commencé où j’allais carrément au culot proposer aux gens assis dans des parcs. Avec la pancarte on peut observer les réactions des gens par rapport au mot « hypnose ». Là vous pouvez voir les incongruences des gens, leur partie qui ne veut pas venir faire de l’hypnose par peur et par appréhension (et ça peut être normal) puis l’autre partie qui a vraiment envie d’essayer par curiosité.

Les séances se déroulent très simplement. Les gens passent, voient notre pancarte et s’approchent pour en savoir plus. A partir de là on déroule une séance assez classique.

Le plus dur est de commencer car personne ne vient alors les gens hésitent. Ça correspond à la preuve sociale, plus vous attirez des gens plus vous en attirez. Une fois que vous commencez une séance, les gens s’arrêtent et observent. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il suffit de regarder une personne rentrer en transe pour être sous hypnose.

J’ai été très surpris de constater que beaucoup de personnes pouvaient me regarder pratiquer en ville. Parfois une dizaine de personnes. Honnêtement je manque énormément confiance en mes capacités et savoir que je sais faire quelque chose ça m’aide. En même temps je continus de corriger mes erreurs de pensées avec l’approche Thérapie cognitive et comportementale. Oui quand je fais une chose, je fais d’une pierre deux coup voir plus.

Développement personnel

Premièrement pratiquer l’hypnose de rue est très intéressant. Lorsque vous êtes timide comme moi on apprend à sortir de sa zone de confort. Dans la mesure où je cherche à apprendre l’hypnose pour être praticien, je pars sur le principe que c’est de mon devoir de développer mes compétences de communications et d’écoute. Et oui si on veut être praticien plus tard pour aider les gens on a tout intérêt à être à l’aise avec l’autre.

hypnose de rue

Et puis faire de l’hypnose de rue permet de travailler plein de choses en même temps:

  • Notre posture
  • La voix
  • Nos gestes
  • La confiance en soi
  • La bienveillance auprès des sujets
  • La relation
  • Vous pouvez même faire de la psychologie sociale puisque vous avez souvent à faire à des groupes

Sans parler de tout l’aspect travail. Et là j’ai vraiment envie de m’imposer une structure dans mon travail pour être plus efficace et apprendre plus vite.

Quand je repense à la première fois où j’ai voulu faire de l’hypnose de rue, c’était en septembre 2015 au parc de Voiron. J’étais tellement stressé et anxieux que je me suis pris une transpirée et je ne pouvais pas faire grand chose. Depuis j’ai beaucoup progressé et j’espère pouvoir rapidement vous montrer ça en vidéo sur la chaine.

La rue comme un terrain de jeu

La ville permet d’avoir accès à beaucoup de volontaires qu’on se le dise clairement. C’est à dire une grande diversité de personnes, tout les âges et de toute provenance. C’est un très gros avantage parce qu’en hypnose plus vous allez rencontrer des personnes différentes plus vous apprendrez à être flexible et à vous adapter à l’autre. Le point important est qu’on rencontre des gens qui ont tous des processus différents, c’est à dire une façon de percevoir et de fonctionner qui n’est pas la même. Ainsi on peut apprendre plusieurs façons différentes de créer l’état d’hypnose.

hypnose de rue
On est juste sur la gauche à côté du Mcdo!

 

Par contre il est vrai que vous attirerez plus des personnes de votre âge et c’est normal. Bien que j’ai quand même eu l’occasion de travailler avec des personnes autour de 40 ans. Perso plus les gens sont différents mieux c’est.

La grande difficulté lorsqu’on démarre l’hypnose est de tester ce qu’on apprend. Le mot hypnose suggère déjà beaucoup de croyances alors le fait d’en proposer à des amis ou des proches reste assez compliqué. Je commence à peine à pratiquer l’hypnose avec des proches et je trouve que ça reste assez particulier car il s’agit de créer un nouveau type de relation. Mais si je devais donner mon avis très personnel, je dirai que cela fait mûrir.

Après cela dépend de chacun évidemment ainsi que de son éthique.

Des conditions extérieures très variées

Il y a certaines croyances qui disent que l’on ne peut pas faire de l’hypnose dans un endroit bruyant. Au contraire cela permet d’apprendre à hypnotiser quelques soit les conditions extérieurs. L’hypnose commence à s’inviter dans les interventions chez les pompiers et je ne pense pas que sur un lieu d’accident tout est calme. Donc c’est là l’occasion d’apprendre à faire avec les conditions extérieurs.

De plus il arrive plein d’évènements en ville et vous pouvez apprendre justement à les intégrer à vos séances.

J’ai eu droit un ivrogne qui est passé à 3m de moi durant une séance en rue. Étant donné qu’il parlait fort, je l’ai ratifié pour mon sujet jusqu’au moment où l’ivrogne attirait plus son attention que moi. Cela permet d’apprendre à faire face aux circonstances et là c’est un apprentissage que je trouve important.

Vous ne savez pas tous ce qu’il va se passer à l’avance et c’est très bien parce que cela va vous aider à faire face aux aléas. Et ça, ça aide dans tout les domaines confondus!

Parfois vous aurez aussi des bruits extérieurs qui arrivent spontanément comme le bruit du tram ou une personne qui passe en courant près du sujet hypnotisé.

Des rencontres…

La ville est un lieu incroyable bourré d’opportunités. Faire de l’hypnose de rue c’est accéder à toutes sortes de personnes, de tout les âges et de tout les milieux.

Parfois on fait de belles rencontres avec des sujets très réceptifs et là on sait qu’on va passer un bon moment. Puis d’autres fois on tombe sur des gens qui nous parlent de religions ou encore « d’énergie ». Perso je ne fais pas trop dans l’ésotérisme j’ai un peu de mal. Par contre je vois l’hypnose partout.

Si une personne me parle d’énergie et qu’elle me propose de tester, je me dis « ok voyons ce que cela donne ». Et puis elle commence à me dire un truc du style « et là tu sens que ça vibre dans ta main? ».

Cela n’a rien à voir avec l’énergie, c’est juste une suggestion sur un ressenti kinesthésique. Bah oui je suis pragmatique et terre à terre. Je vois l’hypnose là où les gens voient une sorte de magie ou chose spirituelle.

Et d’autres fois, vous ferrez des rencontres flippantes et honnêtement je suis content d’être accompagné dans ce cas là.

Le travail en équipe

Je suis plutôt solitaire et j’avais déjà testé l’hypnose de rue seul. Je dois avoué que c’est un peu plus stressant et on a pas forcément toute la motivation nécessaire. Travailler à 2 est vraiment cool parce qu’on peut se motiver mutuellement et s’envoyer des suggestions… Je vous recommande vivement de passer un après midi avec 2-3 autres hypnotiseurs c’est du gros n’importe quoi!

hypnose de rue

C’est un échange qui va vraiment très loin et qui donne beaucoup d’idées! De plus je peux en profiter pour réviser les points importants que j’ai vu en formation de façon bien cadrée. Et là je me dis « ok là je vais revoir ceci ou cela pas à pas et tranquillement ».

L’autre point en équipe c’est de voir ses progrès et les progrès de l’autre. C’est motivant et c’est reconnaissant de se dire « je peux transmettre une connaissance à l’autre ».

Je dirai une chose, le métier de formateur m’intéresse car j’adore transmettre ce que je sais! J’aime voir l’étonnement chez l’autre de ce que j’ai appris et ce que je lui transmets.

Les idées reçues du grand public

J’étudie l’hypnose depuis 3 ans bientôt et je suis souvent dans ma bulle. De ce fait je ne me rend pas compte du manque d’informations qu’il peut y avoir chez Monsieur Tous Le Monde. Les idées fausses et les idées reçues fusent quand vous êtes en ville et je me sens obligé d’apporter ma connaissance aux gens.

hypnose de rue

Pratiquer dans la rue permet d’apporter des réponses aux gens et des explications. C’est aussi l’occasion de démystifier l’hypnose dans une société qui a encore beaucoup d’images faussées.

J’ai commencé à relever ces fausses idées et je pense que j’écrirais un article dessus parce qu’il y a beaucoup à dire. De plus je suis souvent déçu par la présence d’hypnose de spectacle dans notre société qui ne montre pas toujours l’hypnose sous un beau jour.

Perso j’ai étudié l’hypnose de façon sceptique, je lisais des livres et je testais ce que j’apprenais soit sur moi soit sur les autres. Je vous recommande vivement de passer par la Programmation neurolinguistique, cela permet de savoir comment ça fonctionne et pourquoi ça marche!

Côté travail personnel

Le plus dur quand on travaille en hypnose de rue n’est pas d’aller voir les gens ou de les attirer. Le plus dur est le travail sur la durée. En gros rester motivé après 1 semaine de pratique. De plus j’ai tendance à utiliser toujours les mêmes techniques. Et oui quand on voit que quelque chose marche on a tendance à en abuser alors que ça peut ralentir notre progression.

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C’est la partie qui représente le plus de défi pour moi, laisser de coté ce que je sais faire pour apprendre de nouvelles techniques. C’est pas forcément bien car on limite nos options et on réduit par la même occasion notre flexibilité. Alors on bride notre compétence et on se limite.

Ce sera le défi: abandonner ce que je sais faire pour apprendre autre chose!

Le plus dur pour moi c’est aussi d’enchaîner les séances et je dirai aussi que mon prétalk n’est pas encore assez bon.

Je pense aussi ralentir la quantité de travail pour me concentrer sur la qualité.

Ce que j’ai le plus appris

Cela concerne le prétalk, cette première partie où l’on va répondre aux questions des gens et où l’on va mettre en place la séance et préparer le sujet. Sachez une chose, la séance d’hypnose commence bien avant qu’elle ne commence de façon officielle. C’est à dire le moment où vous dites clairement « là ça commence! ». Une séance d’hypnose n’est pas discontinue, on ne sait pas trop quand elle commence et quand elle finit. C’est un évènement qui doit se dérouler de façon fluide. Le plus intéressant est de pratiquer l’hypnose sans jamais mentionner le mot durant une discussion pour être le plus efficace. Donc on ne doit pas être capable de savoir quand ça commence et quand ça finit.

J’ai appris que lorsqu’un prétalk est bien fait, il n’y a pas besoin de tests hypnotiques et on passe directement à l’induction. Un bon prétalk est un prétalk qui fait déjà décrocher la personne. En gros vous êtes l’hypnotiseur et vous savez quand la personne commence déjà à rentrer.

Quand vous allez faire votre prétalk à un groupe en hypnose de rue, vous verrez forcément une personne qui est très réceptive parce qu’elle a déjà les yeux dans le vide et est déjà en train de partir (métaphoriquement).

Même l’ennui est un avantage en hypnose. Milton Erickson utilisait énormément l’ennui. Les gens arrêtent d’écouter « consciemment » mais la partie « inconsciente » quand à elle écoute toujours.

L’idée est de distraire la conscience pour jouer avec l’inconscient.

Je fais de l’hypnose « ericksonienne » et c’est de l’hypnose « indirecte »… Plus on est discret plus on est efficace.

Ce que j’ai utilisé

J’ai utilisé comme induction, une main qui monte et une autre qui descend. Je trouve qu’elle permet vraiment de se rendre compte que notre corps peut faire choses inconsciemment. J’ai utilisé aussi une main qui descend tout en la fixant du regard.

En tests hypnotique, j’ai utilisé les mains aimantées et le corps qui part en arrière. En ce qui concerne les suggestions, j’en fais sur les apprentissages et les changements intéressants pour les gens. Je ne fais pas celles du style oublier le prénom ou un chiffre, bien que je devrais les apprendre.

J’utilise aussi souvent une main que je mets à une certaine hauteur en faisant fixer le regard dessus. Puis je fais descendre la main en créant un lien entre la main qui descend et l’état d’hypnose qui s’installe.

J’aime beaucoup utiliser les mouvements du corps pour créer l’état d’hypnose. En ville vos sujets sont souvent debout alors vous pouvez l’utiliser à votre avantage. On voit souvent Kévin Finel faire des séances debout, cela apporte du dynamisme à votre séance. En hypnose, le sujet n’est pas passif!

Soignez votre éthique

J’écrirais surement un article entier dessus parce qu’il y a à dire! S’il vous plait, si vous êtes hypnotiseur et que vous pratiquez l’hypnose de rue, gardez à l’esprit la bienveillance avec vos sujets. L’hypnose est un outil très puissant alors ne faites pas n’importe quoi. Pensez d’abord à votre sujet plutôt qu’à votre égo qui veut apprendre et tester. Laissez partir vos sujets en étant sur qu’ils sont bien réveillés. On propose une expérience et on apporte de la valeur. Faites en sorte qu’ils partent dans un meilleur état que lorsqu’ils sont arrivés. Un mal de crâne ou une sensation bizarre? Enlevez la tout de suite.

J’aime généralement faire des suggestions posthypnotiques sur le fait de passer une agréable journée. Ne forcez pas des sujets, parfois vous aurez des gens qui voudront essayer mais qui auront peur, rassurez les c’est votre boulot.

Parfois des gens viennent et ne veulent pas en faire mais se posent des questions. Répondez et si vous voyez que vous les avez suffisamment rassurés proposez leur à nouveau. Et gardez le sourire, vous faites parti des rares personnes à pratiquer une passion!

Si vous filmez, demandez l’avis à vos sujets et encore plus si vous souhaitez mettre en ligne la vidéo. Faites leur signer une charte!

Bilan Hypnose de rue

J’ai pris mon pieds à refaire de l’hypnose de rue et ce grâce à un ami hypnotiseur. J’ai vraiment envie de m’investir plus et tester non seulement de l’hypnose mais aussi de la PNL en ville. Alors voici quelques objectifs:

  • Travailler jusqu’à 8h dans une journée

La quantité est importante parce que je sais que lorsqu’on pratique longtemps, la fatigue physique et mentale s’installe. Cela permet de relâcher d’avantage notre conscience dans les séances et de laisser plus de place à notre partie inconsciente pour faire les séances. En hypnose, l’hypnotiseur rentre en transe avec le sujet par synchronisation. Mais honnêtement je sais pas si j’aurai la patience et la motivation…

  • Bosser ma synchronisation

Je pense que je peux être encore plus présent avec l’autre pour mieux l’accompagner. Et je sens que je peux monter plus haut en synchro pour avoir de meilleurs résultats.

  • Une technique de travail

Je ne suis pas organisé dans ce que je fais et l’être m’apporterait beaucoup. J’y allais la plupart du temps comme ça sans savoir quelles techniques j’allais bosser donc à revoir!

  • Ma confiance en moi

Je peux paraître à l’aise quand je pratique mais je sens que mon corps ne l’est pas complètement. Je vais alors réutiliser l’approche TCC pour corriger mes erreurs de pensées et renforcer ma confiance et développer mon estime en hypnose de rue.

 

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