Des métaphores dans la tête

Des métaphores dans la tête est un super livre basé sur l’utilisation du Clean Langage au sein de la communication métaphorique et symbolique.

des métaphores dans la tête

Résumé

Que faites-vous quand on vous dit : « J’ai un noeud à l’estomac », « J’en ai plein le dos » « C’est comme si je me cognais la tête contre un mur » ou encore « Je cherche une issue » ?
La Modélisation Symbolique est une technique qui permet d’entrer en contact avec son interlocuteur (client, ami, parent, collaborateur…) au plus près de ce qu’il ressent, éprouve ou pense en s’appuyant sur son paysage métaphorique. Elle se fonde sur un questionnement efficace, mis au point par David Grove : le Clean Language qui facilite le cheminement dans le paysage intérieur de l’autre. Outil privilégié de communication, de par cette écoute et ce langage « propres », cette technique novatrice transforme les métaphores de la personne en autant de leviers de changement.
Enrichi d’un processus thérapeutique en cinq phases et de nombreux exemples, ce livre sera utile aux professionnels des relations d’aide et d’accompagnement, thérapeutes, médecins, infirmières, coachs, comme aux personnes soucieuses de communication efficace : enseignants, managers…

Ecrit par James Lawley et Penny Tompkins, Edition 2015, 396 pages.

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Des Métaphores dans la tête, chronique…

Les métaphores n’étaient pas trop mon truc en hypnose et en accompagnement. Mais en lisant Des métaphores dans la tête, j’ai pris une grosse claque et j’ai trouvé ce livre extrêmement intéressant.

Il apporte des informations complémentaires à

  • Hypnose Ericksonienne
  • Accompagnement du changement
  • Auto Hypnose
  • Programmation Neuro Linguistique
  • Communication

Et tous ce qui touche de près ou de loin aux hallucinations métaphoriques.

Par contre je te préviens, Des métaphores dans la tête est un morceau de 400 pages. Autant dire qu’il est costaud à lire et j’ai eu un peu de mal à avancer.

Il est axé sur :

  • La compréhension des paysages métaphoriques
  • L’utilisation du Clean Langage

Bon accroche toi parce qu’il y a masse de choses à dire sur ce livre tellement je l’ai trouvé incroyable!

Le paysage métaphorique

Les auteurs distinguent 3 façons de se représenter des événements :

Le sensoriel

Cela passe par une description directe de l’expérience sensorielles :

  • Ce qu’on a vu
  • Entendu
  • Senti
  • Ressenti

C’est une description littérale de l’événement. Cela renvoie aux systèmes de représentation sensorielles décrit en programmation neuro linguistique.

Le conceptuel

Cette représentation va passer par les croyances, les jugements et les concepts abstraits. Par exemple si je parle d’une « chaine youtube » c’est un concept abstrait qui se raccorde à une représentation sensorielle réelle. Ce qu’on voit vraiment à l’écran quand je suis sur la page youtube.

D’autres exemples seraient : l’amour, la confiance en soi, la sagesse, la réussite, etc… Des choses vagues… Tous ce qu’on ne peut pas mettre dans une brouette…

Le symbolique

Celui là va nous intéressé dans ce livre. C’est là que débutent les métaphores qui font parfois référence à des livres, des histoires, des pièces de théâtres, des chansons et des poésies. Des mythes, des comtes et des légendes.

Le but est de donner forme à des concepts abstraits. Un schéma auquel on se sent connecté qui a une signification personnelle.

Par exemple le concept abstrait de l’amour peut être représenté par un symbole de cœur ❤️ Ce symbole aura une signification particulière pour chaque personne. Même ce symbole peut varier d’une personne à une autre.

Le paysage métaphorique incarné

Je pense que tu as déjà remarqué que certaines personnes quand elles décrivent des expériences, ont tendance à donner beaucoup de détails et à Vivre l’événement au moment où la personne le décrit.

C’est ce moment où la personne ne fait pas que décrire sa métaphore mais elle va l’incarner c’est à dire qu’elle va la vivre.

La voir, la ressentir, l’entendre et l’expérimenter.

Ce phénomène m’a automatiquement fait penser au métaprogramme Spécifique pour celles et ceux qui connaissent.

Quand une personne décrit une expérience avec beaucoup de détails, elle va avoir tendance à « placer » des symboles dans l’espace réellement devant elle. Comme si elle créait une mise en scène.

Je pense notamment aux théâtreux qui ont cette capacité à t’hypnotiser en racontant une histoire et en posant un paysage métaphorique pour TE faire vivre une expérience et donc transmettre une émotion.

Le but est de te transporter dans une histoire pour la vivre.

Là on est clairement dans les hallucinations.

Et je pense aussi aux personnes qui lorsqu’elles te parlent de leur problème le vivent carrément. Parfois même l’émotion est présente.

La personne est totalement barrée en transe hypnotique somnambulique et crée des grosses hallucinations.

Elle a son orientation par rapport à la réalité qui est très particulière. Souvent le paysage métaphorique prend forme avec des symboles qui sont placés dans l’espace réel devant elle.

Cet espace est parfois désigné du doigt ou aussi marqué par ce qu’on nomme une « ligne de vue ». La personne regarde dans une direction une potentielle hallucination.

Exemple

L’autre jour j’ai fait une séance de sport et pour la première fois j’ai bossé les épaules. Le lendemain j’avais des courbatures de malade.

C’est comme si j’avais les bras le long du corps avec une corde qui me tient attaché et qui serre mes bras. Je sens la pression de la corde sur mes épaules et ça tire sur la peau.

Comme une grosse corde qu’on trouve sur les bateaux.

Là j’ai transformé une expérience sensorielle kinesthésique en paysage métaphorique. Et au moment où je parle de la corde, je la vois et je peux même la sentir. Mais je suis déjà dans l’hallucination.

C’est comment je transforme une sensation kinesthésique en métaphore.

Les gens qui sont amoureux (concept abstrait) disent parfois qu’ils ont des papillons dans le ventre (métaphore). Ils n’ont pas « vraiment » des papillons dans le ventre. Mais la sensation fait penser à une danse de papillons qui tournoyaient.

Le paysage métaphorique est alors composé de symboles avec des attributs. Et au sein même du paysage on va pouvoir observer des relations entre les symboles.

La composition du paysage métaphorique

Le paysage métaphorique est composé de métaphores et de symboles. Ces symboles sont composés de :

  • Contenu (sous modalités sensorielles)
  • Adresse du symbole (localisation dans l’espace)
  • Relation aux autres symboles
  • Contexte symbolique (cadre, situation, moment) peut être sensoriel, conceptuel ou symbolique comme vu plus haut
  • Point de perception (zone du corps, environnement physique, lieu imaginé)

Modifier le contexte d’un symbole peut entrainer un recadrage de contexte.

Quelle est chez une personne, la part de choix, par rapport à d’où, quand et pour combien de temps elle perçoit ?

A quoi ça sert d’explorer le paysage métaphorique ?

Le paysage métaphorique est en relation directe sur les autres niveaux de représentations sensorielles et conceptuelles.

Tu vois où je veux en venir ?

Si on travaille au niveau métaphorique et qu’on transforme le paysage…

On crée un changement ailleurs dans le système.

Alors on entraine un changement plus important chez la personne.

Et nous c’est ce qu’on cherche avec différentes approches thérapeutiques et de transformations.

Comment on fait pour transformer le paysage métaphorique ?

Tout l’enjeu est là et le livre repose entièrement là dessus.

Pour cela on va utiliser un ensemble de questions :

Le Clean Langage

C’est un outil qui rejoint le métamodèle en programmation neuro linguistique.

Tu as un super livre qui parle du métamodèle ici.

L’enjeu va être de développer le paysage métaphorique du client (personne avec qui on travaille) de façon à ce qu’elle perçoive différemment non seulement les symboles dans le paysage métaphorique mais aussi les relations entre les symboles ainsi que leurs attributs.

Les attributs d’un symbole

Un symbole comporte autant d’attributs qu’il existe de sous modalités en programmation neuro linguistique.

On retrouvera :

  • La forme
  • Couleur
  • Taille
  • Emplacement dans l’espace
  • Texture
  • Les sons
  • Etc…

L’idée est de partir d’un simple symbole exprimé puis de développer le paysage métaphorique :

  • Je vois une tour
  • Elle est comme quoi cette tour ?
  • Une tour médiévale avec un toit
  • Et y a t il autre chose à propos de ce toit ?
  • Il est pointu avec un drapeau jaune

Si j’ai bien compris l’utilisation du Clean Langage que je vais expliquer un peu plus bas, l’enjeu est de maintenir ET de développer la transe hypnotique du sujet.

Le principe du Clean Langage

Le plus gros risque quand on accompagne dans le changement est d’induire des idées et des croyances qui nous sont propres chez le sujet. On veut éviter au maximum un transfère de croyances de notre part au sujet.

L’enjeu est alors d’apprendre à utiliser des questions dites Clean qui vont permettre le développement de la conscience et du paysage métaphorique du client.

J’ai observé par expérience que la meilleur suggestion qu’on peut faire aux gens est de l’auto suggestion. Pousser les gens à s’auto suggérer parce que ça fait disparaitre toute résistance.

Et le meilleur moyen d’y parvenir est… de poser des questions ouvertes qui vont reprendre au maximum les mots de la personne. Parce que dès lors où l’on utilise nos propres mots, les signifiés changent parce qu’on induit des signifiants qui ne font pas forcément référence à l’expérience propre de la personne.

Si une personne me dit « j’ai du mal à me connecter à ma copine » et que moi je sors un truc du style « ah oui vous avez du mal à la comprendre »

Je suis en train de transmettre MA représentation et je ne travaille pas avec celle de la personne. Je ne sais pas ce que ça veut dire pour lui « se connecter à sa copine ».

Si c’est juste poser sa main sur la main de sa copine ou si c’est quelque chose de plus profond pour lui.

Donc le but de l’utilisation du Clean Langage est de travailler avec la représentation sensorielle, conceptuelle et symbolique de la façon la plus pure qui soit pour le client.

Quand je pose une question ouverte je crée une auto suggestion car la réponse que la personne va trouver pour elle même sera la suggestion la plus appropriée pour ELLE.

L’utilisation du Clean Langage

Quand on utilise à fond le Clean Langage il se passe quelque chose de similaire à l’utilisation du métamodèle.

On a l’impression de disparaitre en temps que personne le temps de la discussion avec notre sujet. On se synchronise de façon poussée et notre égo donne l’impression de se diluer.

La première fois que j’ai testé le métamodèle, ça m’a vraiment fait drôle. Le temps s’arrête et on « entre » dans le monde de l’autre.

En terme de communication et de relationnel, on est à un niveau très différent qu’à l’ordinaire.

Pour une utilisation maximale il est important de comprendre qu’on ne comprend absolument rien à ce que la personne nous raconte. Chose encore délicate pour moi, accepter de ne rien comprendre de ce que l’autre me raconte. J’ai juste « l’impression » par mes propres filtres et expériences.

Le Clean Langage est utilisable pour de nombreuses applications :

  • Toute situation de communication
  • L’éducation et formation
  • Modélisation pour apprendre
  • Créer, maintenir et développer une transe
  • Théâtre, écriture, poésie etc…
  • Entretien
  • Spirituel
  • Couple
  • Famille
  • Bref la liste est hyper longue

Aucune limite de champs d’applications c’est selon vos propres besoins et votre domaine de travail.

Le mécanisme du Clean Langage

Le mécanisme du Clean Langage repose sur des questions ouvertes dotés de présupposés qui visent :

  • Passage du niveau conceptuel au niveau métaphorique
  • Le développement et le maintien de la métaphore
  • Évolution de la métaphore dans le temps et l’espace
  • L’enrichissement des attributs d’un symbole et de la métaphore
  • Prise de conscience du symbole ainsi que les relations entre symboles

J’ai regroupé les questions du Clean Langage dans un PDF pour plus de facilité d’utilisation.

Attention le PDF se télécharge dès que tu cliques !

Optimiser le Clean Langage

Pour utiliser de façon optimale le Clean Langage, on va chercher à apporter le moins de contenu possible en provenance de l’extérieur de l’expérience du client.

des métaphores dans la tête

Pour se faire on va toujours réutiliser les mots du client pour être sûr qu’on parle du bon contenu sensoriel. C’est à dire l’expérience du client.

Pourquoi ?

Comme expliqué avec les termes signifiants et signifiés. Nous avons tous notre propre langage et les mots que nous utilisons ne font pas forcément référence à la même expérience sensorielle (réelle) de la personne en face de nous.

Le mot Amour est un signifiant. C’est le mot en lui même, le son. Chose choisie de façon complètement arbitraire.

La signification du mot Amour est le signifié, le concept abstrait si tu préfères.

C’est l’expérience sensorielle réelle que nous faisons du mot Amour qui est le signifié.

Mais il existe un lot incalculable de signifiants pour le même signifié comme : Amour, Love, Liebe, etc…

Ce sont des signifiants différents qui cherchent à faire référence à un même signifié (et encore…) .

Le but du Clean Langage est de réutiliser le plus possible les signifiants utilisés par le client pour être sûr qu’on parle bien du même signifié durant l’expérience de changement.

Le Clean Langage a pour vocation d’éviter au maximum de « contaminer » l’expérience du client avec nos propres signifiants et signifiés. Avoir une discussion le moins « pollué » possible par NOS représentations à nous.

Ce qui permet de réaliser un travail extrêmement précis et d’une grande valeur pour le client.

Les 2 types de changements proposés par Des métaphores dans la tête

Dans le livre Des métaphores dans la tête, les auteurs proposent 2 types de changements observables et réalisables au sein de la thérapie.

  • La translation
  • Une transformation

J’ai trouvé le point de vu intéressant.

La translation

La translation est un changement au niveau du contenu. C’est cette femme qui passe d’un homme à l’autre en espérant « trouver le bon ».

Je grossis bien sûr…

La translation donne l’impression de changer parce qu’on change le contenu. Et un enchainement de translations peut aboutir à une transformation.

Typiquement la translation est la répétition d’expériences similaires.

Pour moi la translation est une amélioration.

Le problème de la translation c’est que la structure du problème risque de persister. Le changement de contenu est une forme d’évitement du problème.

Une translation peut être déguisée en transformation.

Le problème est résolu en surface mais pas en profondeur.

La transformation

La transformation quant à elle est un changement au niveau de la structure de l’expérience contrairement à la translation.

Une transformation est une réorganisation de l’expérience subjective. Une nouvelle gestalt et une nouvelle perception d’un même contenu.

On change de lunettes et de perspective. C’est le recadrage à proprement parler.

L’Hypnose Ericksonienne permet une réorganisation de l’expérience subjective d’une personne.

Une transformation c’est le moment où ça fait : Bordel j’avais pas vu ça sous cet angle!

C’est l’apparition spontanée d’une nouvelle gestalt.

Pour moi, une transformation est une innovation.

La répétition d’expériences similaires basé sur un changement en translation peut entrainer un changement en transformation. Le moment où des expériences emmagasinées vont se réorganiser entre elles de façon à en tirer une nouvelle structure.

Et là c’est le déclic… C’est le moment où on a compris le truc et qu’on appuie sur l’accélérateur…

Développer la métaphore pour changer

Le principe du Clean Langage est de pousser au développement de la métaphore pour prendre conscience des attributs d’un symbole.

Mais aussi prendre conscience des relations entre symboles et mettre en évidence des schémas problématiques.

Dans Des métaphores dans la tête, les auteurs mettent en avant le réel problème.

Ce n’est pas le problème en lui même qui est un obstacle au changement.

C’est un schéma dans l’observation du problème qui fait obstacle au changement.

Ce schéma est doté de plusieurs paramètres :

  • Temps
  • Forme
  • Espace
  • Observateur

Il existerait de plus des solutions cachées dans les présupposés du problème.

Le passage du niveau sensoriel au conceptuel et à la métaphore permet aussi de transformer le symptôme.

A partir de là c’est utiliser des questions clean simples :

Votre symptôme Y, c’est comme quoi ?

Puis à partir de là développer, enrichir et prendre conscience de la métaphore et de ses relations à d’autres symboles.

Je t’invite à consulter le site sur le Clean Langage juste ici.

La double contrainte

La double contrainte est un mécanisme complexe sur lequel a travaillé Gregory Bateson. Elle est à l’origine de bien des problèmes de l’Être Humain.

Je ne m’attendais pas à avoir une partie sur la double contrainte dans Des métaphores dans la tête.

Soit je gagne, soit tu perds. Alors tu veux jouer ?

Les auteurs du livre mettent en évidence 4 types de contraintes :

1 Le conflit

Une partie de moi veut et l’autre veut pas. Typiquement le « oui mais… »

2 Le dilemme

Je suis puni si je le fais et je suis puni si je ne le fais pas.

3 L’impasse

Une situation dans laquelle l’intention de progrès est stoppée par une intention de blocage.

4 Le paradoxe

Des états d’auto contradiction qui incluent 2 intentions contradictoires. Si je me souviens bien on a une histoire de Bandler dans un de ses livres. Une femme ne pouvait pas dire non. Etant en groupe de travail, Bandler lui a demandé de dire non à toutes les personnes présentes. Sa réponse fut >>> Non je ne peux pas.

Avant même que la personne ait pris conscience de ce qu’elle venait de faire, elle avait changée…

Si la double contrainte crée parfois des problèmes, elle peut aussi en résoudre.

j’ai noté une phrase qui est très parlante aussi :

La plupart des gens préfèrent vivre avec leurs démons bien connus plutôt que de les abandonner pour l’inconnu.

Encourager le changement…

Les auteurs expliquent que le changement est encouragé par l’orientation de l’attention du sujet sur les détails qui justement sont en train de changer.

C’est une notion que j’avais déjà vu dans Apprivoiser le Changement avec l’Auto Hypnose de Kévin FInel.

Il est clair que si j’oriente mon attention et que je me focalise uniquement sur des éléments de mon vécu qui ne changent pas, je ne verrais pas de changements.

C’est de l’ordre de la croyance.

Si j’observe des détails dans ma vie qui changent alors le changement est encouragé et peut alors prendre de la vitesse et de l’inertie.

Conclusion

Des métaphores dans la tête est une vraie claque sur ma représentation de la communication. J’ai trouvé le livre vraiment intéressant et il rejoint sans problème la PNL et l’Hypnose Ericksonienne.

C’est un livre assez long à lire mais ça en vaut le détour alors je te le recommande fortement surtout si tu es intéressé par le domaine des hallucinations.

Car une métaphore est une forme d’hallucination.

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